Métiers : la ségrégation hommes-femmes

Métiers : la ségrégation hommes-femmes diminue lentement

Le phénomène est lent, mais réel. Cette diminution résulte d’une conjonction d’effets, parfois en sens contraire.

Le premier est lié à la transformation de la structure des emplois. Celle-ci tend à réduire la mixité, car les métiers très féminins (comme les assistantes maternelles) sont ceux dont les effectifs progressent. La baisse du nombre d’emplois de ce type (comme les secrétaires), qui pourrait accroître la mixité, est moins importante en volume. Le deuxième effet est la conséquence de l’évolution de la composition par sexe des familles professionnelles, qui globalement joue en faveur de la mixité. La part des hommes dans certains métiers très féminins progresse : notamment chez les agents d’entretien, les vendeurs et les ouvriers non-qualifiés du textile et du cuir. Troisième effet enfin, qualifié de « croisé » par le ministère : la conjonction de métiers dont les effectifs progressent plus vite que la moyenne et dont la mixité s’accroît, comme c’est le cas des cadres des services administratifs, comptables et financiers.

La tendance globale est donc à plus de mixité dans l’emploi. Les filles investissent de plus en plus de filières scolaires et par la suite de secteurs, comme le droit, la communication, la santé, la banque et l’assurance. Il n’en demeure pas moins que les transformations sont lentes. Le ministère note que pour les personnes peu diplômées (au mieux le brevet des collèges), la ségrégation s’est accrue par rapport au début des années 1980 du fait de la progression de métiers féminins peu qualifiés (femmes de ménage, aides-soignantes, etc.). Pour les métiers plus qualifiés, un grand nombre de familles professionnelles demeurent très peu ouvertes aux femmes, comme les ingénieurs de l’industrie (22,5 % de femmes), les architectes et cadres du BTP (20,7 %), les cadres de la logistique (22,7 %). Enfin, il faudrait pouvoir mesurer les évolutions par niveau hiérarchique : les femmes restent le plus souvent quasiment absentes des sphères de décision.

 

Extrait du Centre d’observation de la société.