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Cœur tambour

«Personne ne savait plus trop qui était cette présumée princesse africaine appelée Nyabinghi. Son nom était venu s’échouer sur les plages de la Jamaïque en d’étranges circonstances… Le 12 décembre 1935, peu de temps avant l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, paraissait dans le journal Jamaïca Times un article intitulé “Une société secrète pour détruire les Blancs” : vingt millions de nègres, au nom d’une mystérieuse reine appelée Nya-Binghi, allaient déferler sur l’Europe et l’Amérique, Nya-Binghi signifiant “mort aux Blancs”. Les rastas, qui adoptèrent le nom de nyabinghi, n’avaient rien de sanguinaire et, dans la torpeur bienheureuse de l’herbe sacrée, ne songeaient nullement à massacrer quiconque. Les tambours suffisaient à leur rébellion.»
Du Rwanda à la Caraïbe, à l’Amérique : mystères, initiations, naissance de la musique rasta, et, dans les bouleversements du monde, quand bat le tambour et le cœur de l’Afrique, un crime fondateur… Qui a tué l’inoubliable diva Kitami, surnommée aux quatre points de l’horizon «l’Amazone noire»?…

Scholastique Mukasonga

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Je me défends du harcèlement

  • Le harcèlement peut prendre plusieurs formes et avoir plusieurs visages. Contrairement aux idées reçues, les victimes et les harceleurs ne présentent pas un profil type, et les situations de harcèlement sont avant tout alimentées par la peur et la vulnérabilité. Ce livre présente 15 situations d’enfants victimes de harcèlement qui trouvent des idées, des solutions, pour réagir et s’en sortir.

    Je me défends du harcèlement

    Emmanuelle Piquet (auteur). Lisa Mandel (illustrateur).

    Ed. Albin Michel (2016)

    178 pages. 10€. Paru en mars 2016.

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Chiraz Chouchane, la couronnée

Poète, cette Tunisienne sans papiers soutiendra une thèse de philosophie intitulée «la Septième Face du dé».

Elle porte une couronne de roses noires. Est-ce que c’est de la soie ? J’ai envie de lui demander, et puis j’oublie. On marche dans les rues du XXarrondissement de Paris. Avec sa chevelure noire, la couronne, on ne la remarque pas forcément, mais quand même, les gens se retournent : ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une femme couronnée.

Sur quel royaume règne-t-elle ? Elle est à la fois poète, étudiante en philosophie, plasticienne. Il lui arrive de faire des performances, qu’elle vit comme un rite de purification : à Barbès, sous le métro, elle installe, avec de la poudre bleue, un «lac de rêve» : il s’agit de traverser la Seine sans prendre aucun pont ; elle se retrouve alors à danser à l’intérieur de ce lac carré avec des sans-papiers.

Une autre fois, c’est à la Rotonde de Stalingrad : tout en récitant ses poèmes, des cristaux accrochés à son corps, elle brise un téléphone portable, lave les pieds des spectateurs avec de la poudre d’argile et de rose. Laver, c’est invoquer. Les fleurs qu’elle offre sont en laine : les soufis, me dit-elle, sont les gens de la laine.

Alors, son royaume est-il de ce monde ? En tout cas, ce n’est pas la Tunisie, d’où elle vient, et dont elle parle avec une joie d’enfance et une rage politique (elle a publié un texte dans Libération en 2011 sur l’insurrection tunisienne avec le philosophe Mehdi Belhaj Kacem).

Ce n’est pas non plus la France, où elle étudie, vit et travaille, mais où l’on a décrété qu’elle était sans papiers, donc que sa présence était illégale. Ça la fait sourire, elle détesterait qu’on la voie comme une victime. A chaque instant, on peut l’expulser de France, où elle termine une thèse en philosophie et sciences des arts, où elle lit assidûment Deleuze et Mallarmé, où elle fréquente le séminaire du philosophe Quentin Meillassoux ; mais elle sourit. C’est sûrement ça, être couronnée.

Ses conditions de vie sont précaires, elle n’a plus d’appartement, mais elle ne parle pas de ses difficultés, elle refuse de s’identifier à cette misère, encore moins d’affirmer sa révolte : elle n’est pas là où l’indique la loi. C’est principalement ça qui la trouble : qu’en la décrétant hors-la-loi, on se trompe sur elle, on brusque les nuances. Ce surlignage de son identité de sans-papiers lui semble absurde : «On m’y assigne avec un gyrophare», dit-elle. Alors que c’est simple, précise-t-elle : «Je suis là.»

Cette simplicité de l’être-là, c’est ce qui frappe quand on rencontre Chiraz Chouchane : rien du folklore habité de la poétesse-aux-esprits. Au contraire : puissance du sourire. Tendresse de la pensée qui endure les ténèbres et se donne de la lumière. Oui, la pensée aime : cela ne va pas de soi, mais c’est un savoir. Est-ce que son royaume ne serait pas là ? Avec les mains, avec les mots, avec une couronne de fleurs, on agit. Mallarmé dit ça très bien : il s’agit de «faire le présent absolu des choses».

Etre là, pour Chiraz Chouchane consiste à regarder par la fenêtre et à vivre des deux côtés à la fois : c’est comme ça qu’elle a commencé, vers 2007, après avoir médité un poème de Trakl, à entendre des voix en allemand, une langue qu’elle ne connaissait pas. Elle prend ces voix en notes, ce sont des mélopées qui lui arrivent au bord du sommeil : des prières ontologiques bizarres, torturées, inconnues. C’est du vieil allemand, lui a- t-on dit quand elle a montré ces poèmes pour les faire traduire – de l’allemand nordique. Quel éditeur saura publier cette syncope du chant de l’Etre ? «Warum Politik ? / Aloun enfante métal bleu d’une / voleuse, tel hui aimer / Pourquoi dés-aboyer, pourquoi une politique qui rechigne / Sept nuits pour moi, tu es sonorité par fois / Dis gélatine pour anticolle / Visitèrent, en la demeure du temps, et vers la septidi : toi !»

Il y a en elle une trame douce où s’expérimente, à force d’appels et de petits actes conjuratoires, un rapport avec le sacré. Oui, voici quelqu’un qui est accompagné : son esprit est le lieu d’un combat, mais aussi d’une faveur. Il y a du lait dans sa présence, la douceur incantatoire des huiles, mais l’augure noir n’est jamais loin.

Je vois bien que cette femme peut être coupante : le cristal sur lequel elle travaille, et qu’elle rebaptise «christal» parce qu’il traverse la mort, est aussi le nom des esprits avec lesquels elle dialogue. Les djinns, et toute la tradition de l’angélologie arabe, lui sont familiers. Il y a un point où la pensée trempe dans le ténébreux, où elle reçoit l’empreinte de l’Autre Côté : ce feu noir hante Chiraz Chouchane.

Qui sont ses saints protecteurs ? A chaque instant, une guerre invisible déchire les humains, empoisonne les rapports, chacun est détruit par ses impacts ; un poète, c’est quelqu’un qui voit cette guerre – qui fait de sa vision l’élément continuel de sa vie. Pas de doute, elle voit : c’est son côté sorcière. Est-ce pour cela que sa thèse – au si merveilleux titre : «la Septième Face du dé» – porte sur le monstre ? Le monstre n’est pas l’anormal, c’est un signe prodigieux.

Tandis que nous attendons à un feu rouge pour traverser l’avenue Gambetta, elle me parle avec une précision heureuse du tissu des différents canapés sur lesquels elle a dormi cette année. Voici qu’une hirondelle sort de la bouche du métro Pelleport et vient frôler sa couronne. Je lui dis qu’une hirondelle veille sur moi, comme Athéna sur Ulysse ; elle rit : ce monde est pour elle un océan de présages. Nous parlons des nouveaux visages du sacré à l’ère de la défiguration capitaliste, elle cite Jean-Luc Nancy : le sacré «consiste à faire sacré (à consacrer), c’est-à-dire à faire ce qui en droit ne peut être fait». Je comprends que chez elle, les gestes, les rites, les pensées, les sourires s’ordonnent à ce point subversif.

Ainsi est-il logique qu’elle n’habite pas vraiment en France, et pas non plus en Tunisie : son royaume, c’est l’extase. Et sans doute cette jeune femme rejoint-elle des transes dont la poésie a perdu la nature : elle ouvre des mondes scellés car l’esprit ne saurait se passer d’une fulgurance des mots qui lui fait une auréole. Mais ce n’est pas non plus exact : Chiraz Chouchane habite, simplement, dans l’être ; elle essaie de faire de sa vie une expérience de l’être, elle prend soin de s’y maintenir, autrement dit, elle ne délire pas. Si elle fait de la magie blanche, c’est parce que la France, la société, la police font de la magie noire.

Qui prend soin aujourd’hui de l’impensable, sinon les poètes ? Chiraz Chouchane fait continuellement de la poésie pour déjouer les mauvais sorts de la société qui veut qu’elle s’en aille. Elle résiste à la tyrannie du pensable, comme nous tous. Mais elle le fait avec quelque chose en plus : elle porte une couronne.

7 août 1980 Naissance à La Chebba (Tunisie).

11 septembre 2004 Arrivée en France. 2007 Commence à écrire des poèmes. Novembre 2014 Reçoit une obligation à quitter le territoire français.

Juin 2016 Soutiendra sa thèse «la Septième Face du dé» à Paris-I, en philosophie et science des arts.

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Fêtez la Francophonie pendant la Semaine

Savez-vous ce que veut dire “dracher”? Avez-vous déjà souri en écoutant une conversation entre un belge, un canadien et un français? Avez-vous déjà goûté les mille et une saveurs du français ?

Soyez heureux ! Du 12 au 20 mars 2016, la Semaine de la langue française et de la Francophonie revient pour sa 21e édition pour célébrer le français avec les amoureux des mots.

Cette année, pour la #slff16, de nombreux événements sont déjà organisés en France et partout dans le monde : ateliers culinaires francophones, concours de poésie, conférences sur la francophonie, dictées ludiques, présentations d’auteurs en librairies, ateliers d’art pour les enfants, nuits du slam… Il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges.

L’opération “Dis-moi dix mots en langue(s) française(s)” propose dix mots venant des quatre coins de la francophonie et sources de nombreuses idées pour célébrer le français sous toutes ses formes : concours autour des dix mots, expositions “Dis-moi Dix mots”, jeux de définitions ou dessins des dix mots… Les idées ne manquent pas.

Alors n’hésitez plus, laissez vagabonder vos pensées et imaginez un événement à la hauteur de vos envies pour célébrer le français dans sa diversité.
Vous manquez d’inspiration ? Retrouvez notre boîte à idées.

La Semaine de la langue française et de la Francophonie, c’est aussi “la Semaine en librairies”, des événements en hôpitaux et en prisons, une journée de la langue française dans les médias audiovisuels et des manifestations de large ampleur dans les instituts français, alliances françaises ou ambassades françaises sur les cinq continents.

Une jonquille pour Curie

Aujourd’hui on parle d’un sujet qui me tient à coeur, vous le savez bien, la recherche sur le cancer. Avec l’opération : « Une Jonquille pour Curie » qui est une semaine de mobilisation solidaire contre le cancer, l’institut Curie qui se déroule pour cette 11ème édition du 17 au 22 mars.

L’objectif :

Collecter des fonds afin que l’Institut Curie, acteur majeur de la lutte contre le cancer, puisse développer une médecine personnalisée au bénéfice des patients atteints de cancer. La fleur choisie est la jonquille car c’est la première fleur du printemps, elle est symbole d’espoir.

A cette occasion Truffaut propose un petit jeu : 1 selfie avec une jonquille = 1 € reversé ! La photo est à partager sur les réseaux avec le hashtag #TruffautCurie

Pour Soutenir :

  • Faire un don sur le site de l’opération
  • Composer le 3220 et de dire « Curie » (appel gratuit depuis un poste fixe)
  • Sur le site de Truffaut : Un don de 15 € = 1 bouquet de 10 jonquilles !
  • Vous rendre dans un des 28 magasins participant à l’opération pour acheter un sac zippé jonquille (édition limitée : 3,50€) ou un bouquet (2€).
  • Faire un Selfie avec une jonquille
  • Participer aux nombreuses animations proposées dans les 28 magasins de Paris & Province

J’ai fait mon don ainsi que ma photo solidaire & mon selfie …
ensemble faisons “ Fleurir l’espoir” contre le cancer !

 

 

 

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Site internet : https://jonquille.curie.fr/
Site du partenaire TRUFFAUT 

Réalisez, vous aussi, votre photo solidaire et diffusez la sur les réseaux sociaux avec le hashtag officiel #UneJonquillePourCurie. On compte sur vous (ah non ça c’est autre chose ^^).

Clara Zetkin et Rosa Luxembourg.

“Droits des femmes”

Journée de la femme ? Des femmes ? Des droits des femmes ? Derrière ces appellations, une vraie bataille idéologique se trame. Plus ou moins consciente