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“Images à la sauvette”

« Les magazines finissent par faire des cornets à frites. Les livres demeurent. » Henri Cartier-Bresson

La Fondation consacre une exposition au célèbre ouvrage de Cartier-Bresson, Images à la Sauvette. Le projet, à l’initiative de l’éditeur Tériade, voit le jour en octobre 1952 dans le cadre d’une co-édition franco-américaine avec le concours de Matisse et les éditeurs Simon and Schuster. Sans le savoir, ces derniers allaient imposer la formule « The Decisive Moment », version américaine du titre du livre, comme raccourci de l’œuvre du photographe. Dès sa parution en 1952, Images à la Sauvette eut un succès retentissant dans le monde des arts, considérée comme une « bible pour les photographes » selon les mots de Robert Capa. Sa maquette épurée, la qualité de l’héliogravure et la force des images font de ce livre d’artiste une œuvre novatrice pour l’époque. L’ouvrage révèle la dualité inhérente à l’œuvre de Cartier-Bresson entre interprétation intime et observation documentaire.

Images à la Sauvette est le fruit des travaux réunis du fameux éditeur d’art, Tériade, d’un photographe talentueux, d’un peintre à l’apogée de sa carrière, Matisse, et deux éditeurs américains, Simon and Schuster. Dès ses débuts, Cartier-Bresson envisage le livre comme un aboutissement de son travail. Dans les années trente, il rencontre Tériade, créateur de Verve, qu’il qualifiera plus tard comme son « maître à penser ». Ils projettent de réaliser ensemble un livre sur les bas-fonds des grandes villes avec Eli Lotar, Bill Brandt et Brassaï, mais cet ambitieux projet ne verra pas le jour.

La volonté d’imposer la force des images comme unique forme de récit et la place accordée au texte du photographe font d’Images à la Sauvette une œuvre extrêmement novatrice. De très grand format, l’ouvrage propose une maquette d’une pureté audacieuse, qui permet au 24 x 36 de se déployer pleinement. L’impression en héliogravure, par les meilleurs artisans de l’époque, les frères Draeger et la spectaculaire couverture de Matisse en font un modèle du genre. Au printemps 1951, Cartier-Bresson explique : « Si nos épreuves sont belles et parfaitement composées (et elles doivent l’être) ce ne sont pas pour autant des photos de salons […] En somme, notre image finale, c’est celle imprimée ». Cette affirmation positionne clairement Images à la Sauvette comme un livre d’artiste.

L’exposition présente une sélection de tirages d’époque ainsi que de nombreux documents d’archive liés à l’aventure de cet ouvrage, jusqu’à sa réédition récente en fac-similé par les Éditions Steidl. Cette réédition est accompagnée d’un livret avec un essai de Clément Chéroux sur l’histoire de l’ouvrage

Informations
pratiques

Fondation Henri Cartier-Bresson
2 impasse Lebouis
75014 Paris

Dates

Du 11 janvier au 23 avril 2017
les mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, mardi de 13:00 à 18:30

Prix

Payant – Plein tarif: 7 euros Tarif réduit: 4 euros

S’y rendre

  • 13 : Gaîté (139m) 13 : Pernety (417m)

Plus d’infos

  • 0156802700
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Jamaica Jamaica!

Trop souvent réduite à la légende Bob Marley, la musique jamaïcaine et ses audacieuses inventions bricolées dans les ghettos de Kingston ont jeté, dès les années 50, les bases de toutes les musiques urbaines contemporaines, invitant dans le vocabulaire musical d’aujourd’hui le DJ, le sound system, le remix, le dub…

 

Musique sacrée et musique profane ? Rurale et urbaine ? En convoquant les icônes telles que les Wailers, Marcus Garvey, Louise Bennett, Nanny, King Tubby, U-Roy, Hailé Sélassié, Tenor Saw ou Lee Perry, autour des lieux mythiques comme Studio One, la Alpha Boys School ou les pistes de danses enfiévrées en plein air de Kingston, l’exposition Jamaica, Jamaica ! propose de rendre compte des multiples facettes de cette histoire.

Au son de puissants sound systems, d’une web radio, et à travers des outils interactifs, le visiteur sera amené à percer, enfin, tous les secrets de la plus populaire des musiques du monde…

nformations
pratiques

La Philharmonie de Paris
221 Avenue Jean Jaurès
75019 Paris

Dates

Du 4 avril au 13 août 2017
les mardi, mercredi, jeudi, vendredi de 12:00 à 18:00
Du 4 avril au 13 août 2017
les samedi, dimanche de 10:00 à 18:00

Prix

Payant – 10€

S’y rendre

  • 5 : Porte de Pantin (292m) 7 : Fort d’Aubervilliers (442m)
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Shoah et Bande Dessinée

Une exposition majeure sur la représentation de la Shoah dans la Bande Dessinée, à partir du 19 janvier 2017 au Mémorial de la Shoah.

La mémoire contemporaine réserve une place particulière à la Shoah, un événement sans précédent dans l’Histoire. Le propre de tout événement, est d’être historicisé, médiatisé, bref de devenir sujet de fiction. Le génocide des Juifs d’Europe ne pouvait y échapper. Non sans prudence, erreurs et tâtonnements mais aussi génie, la Bande Dessinée s’est donc emparée de la Shoah. C’est ce parcours historique et artistique qui vous est proposé dans ce qu’il est convenu d’appeler le 9e art en interrogeant les sources visuelles de ces représentations, leur pertinence, leur portée et leurs limites (humour, satire).

Il appartenait logiquement au Mémorial de la Shoah de s’emparer du sujet, de s’interroger sur les tenants et aboutissants de cet art, populaire s’il en est, et ce dans toute sa diversité, des comics à la bande dessinée franco-belge, des romans graphiques aux mangas. Comment, et depuis quand, les artistes de la bande dessinée se sont-ils saisis de la représentation du sujet ? Comment sont relayés les témoignages ? Jusqu’à quel point de réalisme l’horreur est-elle représentée, autour de quels thèmes, de quels motifs, de quels symboles ? Comment ces représentations évoluent-elles aujourd’hui selon les références politiques, sociales et esthétiques de notre époque, tandis qu’une forme d’antisémitisme persiste ? Comment la Shoah a été mobilisée par la fiction, que ce soit dans les comics ou dans la bande dessinée franco-belge avec La Bête est morte ! de Calvo, où le thème est présent dès 1944 ? Près de 75 ans plus tard, des lignes de force, quasiment une grammaire, se dégagent de ces narrations et de ces représentations dont cette exposition va tenter pour la première fois de dresser l’inventaire.

Plus de 200 documents originaux seront présentés tels que Mickey au camp de Gurs, Superman, L’Oncle Paul, Master race, Unknown soldier, Maus, L’Histoire des 3 Adolf, Déogratias, Deuxième génération, et bien d’autres pièces majeures.

Un cycle de manifestations au sein de l’auditorium sera l’occasion d’approfondir et d’élargir le propos de l’exposition avec, entre autres, la présence exceptionnelle de Chris Claremont, auteur et scénariste de bandes dessinées ( X-Men ) lors de la conférence : Pourquoi les Super-héros n’ont-ils pas libéré Auschwitz, le dimanche 22 janvier à 14h30 en partenariat avec le Festival International de la Bande Dessinée.

Commissaires scientifiques :

Didier Pasamonik est éditeur, journaliste, commissaire d’expositions, spécialiste reconnu de la bande dessinée.

Joël Kotek est professeur à l’Université libre de Bruxelles et enseignant à Sciences Po Paris.

Commissaire général : Marie-Édith Agostini, Mémorial de la Shoah.

Informations
pratiques

Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy L’Asnier
75004 PARIS

Dates

Du 19 janvier au 30 octobre 2017
les jeudi de 10:00 à 22:00
les vendredi, dimanche, lundi, mardi, mercredi de 10:00 à 18:00

Prix

0 €

S’y rendre

  • 7 : Pont Marie (148m) 1 : Saint-Paul (263m)
Oiseau fiché ds socle rond, portant sur son dos, deux petits oiseaux semblables, deux femmes et un homme vêtu à l'européenne, les mains posées sur une petite Nimba. Bois dur polychromé, noir (enduit résineux), ocre rouge foncé, blanc, bleu indigo ; haut 60,5 cm ; larg 23,5 cm ; long 37 cm.

L’Afrique des routes

Berceau de l’humanité, pourvoyeur de force de travail, d’or et de matières premières depuis des millénaires pour les autres continents, l’Afrique a une histoire inscrite dans la dynamique internationale. Panorama d’un continent au carrefour des mondes, à contre-courant des idées reçues.

L’Afrique, un continent sans Histoire ? Si les a priori ont la vie dure, les faits, eux, sont indéniables : les Africains n’ont jamais vécu dans l’isolement. Longtemps ignorés, les échanges panafricains et extra-africains ont pourtant débuté voici des millénaires, bien avant les indépendances, la colonisation et l’arrivée des premiers navires portugais au milieu du XVème siècle. En témoignent les sculptures, pièces d’orfèvrerie ou d’ivoire, peintures et autres objets présentés dans l’exposition L’Afrique des routes.

Du cinquième millénaire avant notre ère à nos jours, celle-ci évoque ainsi les routes, fluviales, terrestres ou maritimes qui ont contribué à la circulation et aux contacts des hommes, des matériaux et des œuvres. Des chars gravés de l’Oued Djerat du Sahara aux porcelaines chinoises de Madagascar, des cultes et rituels candomblé d’Amérique du sud aux œuvres contemporaines métissées du Nigérian Yinka Shonibare, c’est le portrait d’un continent au cœur de l’histoire globale qui est ici dressé.