Aya Cissoko, la tête haute

Elle a déjà eu plusieurs vies… Championne du monde de boxe française et anglaise, écrivaine et bientôt comédienne, Aya Cissoko a l’énergie et la volonté de ceux qui ont un destin hors du commun. Habitée par le fameux “Danbé”, cette dignité tirée de ces racines maliennes, Aya, défie la vie. Rencontre.

À l’air libre !

Aya Cissoko naît dans le 12e arrondissement de Paris mais son enfance et les souvenirs qui l’ont forgée se trouvent dans le 20e, dans le quartier de Ménilmontant. D’origine malienne, le père, Segui arrive dans les années 60, avant que sa femme Massiré ne le rejoigne quelques années plus tard. Installés au 22 rue de Tlemcen, la famille vit à six dans un 20m2, mais comme le souligne Aya: “On n’avait rien matériellement mais on était très heureux”.

J’appelle cette époque de ma vie “mon paradis perdu…”

Aya Cissoko

À l’époque, le quartier se compose pour beaucoup de familles immigrées soit d’Afrique noire, soit du Maghreb et il y règne, malgré les difficultés, une convivialité, une solidarité uniques entre les habitants. Les nombreux terrains vagues qui jalonnent les environs, sont les aires de jeux privilégiées d’Aya et de ses frères et sœurs. “On a été élevés un peu comme des poules à l’air libre” nous confie la jeune femme. “À la manière africaine, notre vie était dehors, et la ville notre univers”.

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Edifice
“Petite, cette église me fascinait. Je me sentais minuscule face à elle. Je passais devant pour aller à l’école et je passais beaucoup de temps à descendre ces marches gigantesques”.
Eglise Notre Dame de la Croix

3 place de Ménilmontant
PARIS 20E

L’insouciance vole en éclat la nuit du 27 novembre 1986. Un incendie criminel ravage son immeuble, emportant avec lui le père et la petite soeur d’Aya. Les coups du sort auraient pu s’arrêter là mais l’année suivante, elle perd son frère, Moussa, 5 ans, d’une méningite non diagnostiquée. Une accumulation de drames, qui n’entamera pas la volonté de Massiré, la maman d’Aya, de rester en France. Elle refusera de se plier à l’avis du Conseil des Pères, et ne retournera pas au Mali auprès de la famille de son mari.

Danbé

S’ensuivent des mois d’errance, d’hôpitaux en hébergement chez des proches. Enfin, les survivants sont relogés au 104 de la rue de Ménilmontant, une cité en plein Paris. La délinquance rôde, mais Massiré est là, immuable, et contrôle les mouvements et les fréquentations de ses deux enfants. Femme forte et véritable pilier, pour la mère d’Aya l’échec n’est pas envisageable: “Ma mère me mettait une vraie pression”. Elle lui inculquera la dignité en toutes circonstances, “le danbé” en bambara.

Panoramique Parc de Belleville
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Bouffée d’oxygène
Le Parc de Belleville, c’est le parc de mon enfance, de mon quartier. J’y allais très souvent, Sa vue magnifique m’apaise.
Parc de Belleville

47 rue des Couronnes
PARIS 20E

Voulant l’éloigner du danger de la rue, Massiré décide d’inscrire Aya à une activité sportive, “La boxe, c’est arrivé par hasard, au début j’ai essayé le tir à l’arc et le hand-ball mais par esprit de contradiction, j’ai choisi la boxe” déclare-t-elle. Têtue, Aya arrivera à ses fins malgré les réticences de sa mère. Sur le ring, elle court, elle frappe, elle peut cogner, se blesser, trouver un exutoire à ses souffrances, et exorciser sa rage. Elle trouvera la résilience grâce à la boxe.

Noble art

Aya enchaîne les victoires. Totalement investie dans le noble art, elle trouve dans ce sport rude le moyen d’échapper un peu à la pression imposée par sa mère, d’extérioriser tout ce qui ne se dit pas. “La boxe m’a sauvée” nous confiera-t-elle. À l’âge de 12 ans seulement, elle remporte le titre de championne de France de boxe française chez les benjamines. Elle obtient les titres de championne de France et du monde de boxe française dans la catégorie des moins de 66 kg en 1999, avant de confirmer son titre de championne de boxe française amateur en 2003. Avide de nouveaux défis, c’est en 2005 qu’elle se tourne vers la boxe anglaise. “Je voulais m’imposer de nouveaux challenges, mais mes débuts en boxe anglaise ont été plutôt difficiles, je me suis heurtée au sexisme ambiant”.

Lorsque je me suis lancée en boxe anglaise, l’entraîneur m’a dit “moi, j’entraîne pas les gonzesses”

Aya Cissoko

Mais comme à son habitude, Aya ne lâche rien. L’essentiel est de ne pas perdre de vue ses objectifs, de ne pas montrer des signes de faiblesses. Elle veut prouver qu’elle peut réussir aussi bien qu’un homme, et elle y parvient. Elle fait aussi une rencontre décisive, lorsque Jean Rauch, entraîneur et créateur du boxing club de Paris XXe, la prend sous son aile. Lorsque nous évoquons ce grand monsieur de la boxe, décédé il y a quelques mois, avec Aya, l’émotion fait vibrer sa voix: “Jean me disait toujours, “il faut réussir en dehors des cordes. Il m’a appris à m’intéresser à autre chose, à m’ouvrir”. Jean Rauch la fera grandir humainement mais aussi sportivement en l’emmenant au plus haut niveau de sa catégorie avec pour apogée, cette soirée de novembre 2006, précisément le jour de ses 28 ans, où elle combat pour le titre de championne du monde amateur des poids welters contre l’ukrainienne, Lesja Kozlan.

Jean Rauch, mon entraîneur, a été pour moi un père de substitution

Aya Cissoko

Elle triomphe mais le sort s’acharne contre la boxeuse lorsqu’elle se rend compte qu’un choc avec l’ukrainienne au 2e round a abouti à une fracture des cervicales. Elle se fait opérer dans la foulée, mais au réveil c’est le choc: elle souffre d’une hémiplégie du côté droit. Commence alors pour Aya de longs mois de rééducation. Elle y met tout son acharnement, et pense dur comme fer pouvoir remonter sur le ring. Mais l’annonce est sans appel et Aya ne boxera plus. Pour elle qui a déjà tant enduré, le coup est dur à encaisser. Comme le déclare la jeune femme: “À chaque fois qu’une épreuve a bouleversé ma vie, elle a toujours été suivie par quelque chose de positif”. Et cet arrêt brutal de la boxe va permettra à Aya de prendre une nouvelle direction.

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Quiétude
Je ne sais pas si cela est lié à mon histoire, mais j’aime me promener dans les cimetières. Quoi qu’on en dise, il y a de la vie dans les cimetières, une quiétude aussi.
Cimetière du Montparnasse

3, boulevard Edgar-Quinet
Paris 14E

Nouveaux challenges

A trente ans, elle intègre Sciences-Po dans un programme de reconversion pour les sportifs de haut niveau, où elle obtiendra un master en 2012. Elle nous dira de son passage dans la prestigieuse école quelle fierté elle en a tiré: “Au départ, je n’avais pas le profil, mais cela a été une formidable aventure humaine, j’ai rencontré des professeurs extraordinaires qui m’ont permis de devenir ce que je suis”.

On lui propose à plusieurs reprises de coucher l’histoire de sa vie sur papier mais les projets n’aboutissent pas. Sa rencontre avec Marie Desplechin va tout changer. Touchée par la singularité de son histoire, elle va trouver les mots et ensemble, elles vont co-écrire son autobiographie intitulée “Danbé” qui signifie «dignité» en bambara, ouvrage acclamé par la critique. Son parcours de vie est raconté avec une bouleversante émotion contenue. Sans la moindre trace de pathos, les deux femmes retracent dans ce livre, qui obtiendra le grand prix de l’héroïne Madame Figaro en 2011, ce destin déchiré et acharné d’Aya Cissoko. Et en 2015 c’est tout naturellement que son histoire a été portée à l’écran par le réalisateur Bourlem Guerdjou, remportant au passage le prix du meilleur téléfilm français au festival de la Rochelle ainsi qu’au Colcoa Festival à Hollywood.

Danbé, la tête haute extrait avec Tatiana ROJO dite Amoutati

Continuant sur sa lancée, la jeune écrivaine publie en 2016, son deuxième livre “N’ba” où elle livre un émouvant hommage à sa mère. Après avoir intégré la liste des White Ravens, le livre paraît en Allemagne sous le titre de “Ma” aux éditions Wunderhorn. Lorsqu’on lui demande où elle va s’arrêter, elle nous répond par un éclat de rire et nous confie avoir des tas de projets. “J’ai vraiment à cœur de me lancer dans la réalisation, je suis déjà sur un projet mais je ne vous en dis pas plus !”. En attendant vous pourrez la retrouver prochainement sur les planches dans la pièce, “Sur la route”, d’Anne Voutey.

À côtés de ce tourbillon d’activités, Aya nous a aussi parlé de sa vie de maman avec sa fille Mathilde, 5 ans, à qui elle consacre beaucoup de temps. “A présent je vis dans le 14e, un quartier que j’apprivoise. près de la rue d’Alésia. Ce que j’aime dans ce quartier: le côté bourgeois et populaire à la fois”.

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Saveurs d’ailleurs
J’aime les saveurs asiatiques et ce petit resto coréen est délicieux à un prix très raisonnable. Familial, il a été repris par deux sœurs et l’ambiance est zen
Sodam

39, rue de Gergovie
Paris 14E
musée du quai Branly
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Musée en famille
J’aime y aller avec ma fille. Elle lui donne à voir une autre représentation de l’art, moins dans les stéréotypes. Elle peut s’identifier aux personnages présents. Leur librairie est extra !
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Mention spéciale
Je trouve que les bibliothèques de la Ville de Paris font un super boulot notamment celle de mon quartier. L’équipe est à l’écoute et propose un large choix d’activités.

La Grande Dictée

Le 30 mars dernier, les élus parisiens ont donné rendez-vous à 7 classes de CM2 de différents arrondissements dans la salle du Conseil de l’Hôtel de Ville pour la Grande Dictée de la francophonie. Tirée d’un texte majeur de la littérature francophone, cette dictée a été orchestrée par Aya Cissoko.

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Sidaction

Sidaction 2018 : les 23, 24 et 25 mars 

Contre le virus du sida le moindre abandon peut tout changer. Mais le moindre don aussi peut tout changer.

Paris, le 22 mars2018 Le top départ du Sidaction 2018, qui a lieu les 23, 24 et 25 mars prochains, est lancé. Trois jours de mobilisation, de sensibilisation et d’information sur les enjeux actuels de la lutte contre le sida. Engagés auprès de Sidaction, 29 médias partenaires – dont trois nouveaux : NUMERO 23, RMC DECOUVERTE et CNEWS – répondent présents à l’appel de Sidaction pour faire de cet événement un rendez-vous unique et solidaire.

Cette année, à travers une campagne d’interpellation et d’appel à dons « Contre le virus du sida, le moindre abandon peut tout changer mais le moindre DON aussi peut tout changer », Sidaction met en avant l’interaction entre tous les acteurs concernés – chercheurs, soignants, acteurs associatifs, bénévoles, personnes vivant avec le VIH, donateurs – qui constitue la force de la lutte contre le sida et la spécificité de notre association.

Aujourd’hui dans le monde, 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH. Parmi elles, près de 30% des personnes seraient porteuses du virus sans le savoir. Trop nombreux sont ceux qui estiment que le VIH est une « affaire classée », contribuant à la banalisation de l’épidémie.

Pour soutenir les personnes vivant avec le VIH en France et à l’international, pour faire progresser la recherche, le Sidaction a besoin de dons. Comme chaque année, le compteur du Sidaction est remis à zéro et les promesses de dons peuvent être faites par téléphone en appelant le 110 du 15 mars au 14 avril 2018 inclus, par Internet sur sidaction.org. Le moindre abandon est un danger contre le virus du sida, le moindre don peut tout changer.

Les fonds collectés pendant ces trois jours seront reversés à la fois aux programmes de recherche et de soins et aux programmes associatifs de prise en charge, et d’aide aux personnes vivant avec le VIH, en France et à l’international.

Pour faire un don à Sidaction :

  • Par téléphone : en appelant le 110 (numéro d’appel gratuit)
  • Par Internet : www.sidaction.org
  • Par SMS au 92110 : en envoyant le mot « DON » OU « 1SMS » pour faire un petit don de 5€ (coût d’envoi du SMS gratuit ou inclus dans les forfaits SMS)
  • Par courrier : Sidaction – 228, rue du Faubourg Saint-Martin 75010 PARIS
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Paris s’engage contre les discriminations

Du 16 au 25 mars, la troisième édition de la Semaine contre les discriminations s’ouvre à Paris. Pendant une semaine, un programme très riche vous est proposé : rencontres, expositions, conférences, débats, ateliers, concerts, théâtre…

Pour poursuivre le travail de sensibilisation, d’éducation et de mémoire, cette nouvelle Semaine parisienne de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, se déroulera grâce à l’implication de nombreux partenaires associatifs, éducatifs, institutionnels et économiques du territoire parisien et métropolitain.

Une semaine pour sensibiliser à la question des discriminations

Autour du 21 mars, journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, la Mairie de Paris se mobilise aux côtés de ses partenaires contre le racisme et l’antisémitisme.

Parce qu’il porte gravement atteinte à la dignité humaine, aux droits des personnes et à l’égalité entre les citoyen.ne.s, le racisme est l’affaire de toute.s. Il se traduit par des propos, des comportements ou des violences à l’égard de personnes, en raison de leur origine, de leur religion ou encore de leur apparence physique. Ces manifestations portent gravement atteinte à la dignité humaine et à l’égalité entre les citoyen.ne.

Si l’année 2017 est marquée par un repli de 16% des actes haineux, les actions violentes quant à elles se maintiennent à un niveau élevé voire en progression inquiétante. Particulièrement, pour les actions antisémites passées de 77 en 2016 à 97 en 2017 sur l’ensemble du territoire national.

“Les discours de rejet, de haine et surtout leur banalisation dans toutes les strates de l’espace public, internet et réseaux sociaux compris, doivent nous inciter à une vigilance accrue”, précise Hélène Bidard, adjointe à la Maire de Paris en charge de l’égalité femmes-hommes, de la lutte contre les discriminations et des droits humains.

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Une journée d’action contre l’endométriose

Le 24 mars 2018 se déroulera la 5e édition de l’ENDOMARCH, Marche Mondiale pour l’Endométriose.

Cette année, c’est une journée entière d’actions militantes qui est organisée sur le parvis de la marie du 15e arrondissement de Paris le 24 mars. Au programme: conférence gratuite et en accès libre à 10h, expositions photos, village événement avec des partenaires associatifs et du milieu médical. La marche débute à 14h30. 

Les associations ENDOmind France et Mon endométriose ma souffrance co-organisent la journée. 

Les associations ENDOmind France et Mon Endométriose Ma Souffrance co-organisent une nouvelle fois la manifestation parisienne. Cet événement se déroulera  à  la même date dans plus de  60 capitales à travers le monde.

Initié aux Etats-Unis, cet événement a pour but de faire connaître l’endométriose, une maladie gynécologique chronique, douloureuse et fortement invalidante, qui résulte d’un développement anarchique de la muqueuse utérine en dehors de sa cavité, et provoque des douleurs et troubles des systèmes gynécologiques, urinaires et digestifs pour les cas les plus répandus. Maladie complexe, l’endométriose ne peut être définitivement guérie à ce jour et touche 180 millions de femmes dans le monde, et une estimation de 2,1 et 4,2 millions dans notre pays. Longtemps restée ignorée et mal connue, c’est actuellement une moyenne de 7 ans de retard de diagnostic qui en découle, 7 années pendant lesquelles la maladie peut progresser, causer des dégâts irréversibles, aggraver les symptômes jusqu’à avoir un impact important sur la vie familiale, professionnelle et sociale des femmes qui en sont atteintes.

L’édition 2017 s’était montrée exceptionnelle par son ampleur avec plus de 1500 personnes marchant dans les rues de Paris pour mettre la maladie en lumière. L’ENDOMARCH 2018 promet de l’être encore plus. En effet, cette année, c’est une journée entière d’actions militantes qui sera organisée sur le parvis de la Marie du 15e arrondissement de Paris. Au programme, conférence gratuite et en accès libre à 10h00, expositions photos, village événement avec des partenaires associatifs et du milieu médical, et surtout la marche qui prendra le départ à 14h30.

Cette initiative est soutenue par des partenaires précieux tels que l’ONG Soroptimist International active à nos côtés dans  119 communes de France métropolitaines et d’outremer, Info Endométriose (première campagne nationale de sensibilisation), le Centre Endométriose de l’hôpital St Joseph et son réseau de praticiens Resendo, et toujours plus de professionnels de santé.

Des personnalités comme la chanteuse Imany, ambassadrice de l’association ENDOmind, la comédienne Socha Husson, marraine de l’association MEMS Métropole, la comédienne et productrice Julie Gayet et la journaliste Sonia Dubois sont également très impliquées dans la sensibilisation autour de l’endométriose et participent habituellement à cet événement incontournable.

A doll used a prop sits onstage ahead of a dress rehearsal of "Black Nativity" in Boston, Massachusetts December 3, 2014. The play produced by the National Center of Afro-American Artists is the 44th season of poet Langston Hughes' "Black Nativity", which tells the biblical story of the birth of Jesus in scripture, verse, music and dance.   REUTERS/Brian Snyder    (UNITED STATES - Tags: SOCIETY RELIGION) - GM1EAC40ZE601

Black Doll

La collection Deborah Neff

a Maison Rouge, fondation Antoine de Galbert

« Black Dolls » montre pour la première fois hors des États-Unis la collection Deborah Neff, un ensemble exceptionnel de près de 200 poupées noires créées par des Afro-Américain.e.s anonymes dans les années 1840-1940. Cette collection raconte une histoire culturelle, politique et intime inédite des hommes et des femmes noires américaines.

« Black Dolls » montre pour la première fois hors des États-Unis la collection Deborah Neff, un ensemble exceptionnel de près de 200 poupées noires créées par des Afro-Américain.e.s anonymes dans les années 1840-1940. Cette collection non seulement révèle des poupées en tissu, bois ou cuir dont la beauté et la diversité sont extraordinaires, mais elle raconte aussi une histoire culturelle, politique et intime inédite des hommes et des femmes noires américaines, de la maternité et de l’enfance.

Pendant près d’un siècle, entre 1840 et 1940, des hommes et une majorité de femmes Afro-Américaines, ont conçu et fabriqué des poupées pour leurs propres enfants, ou les enfants que celles-ci gardaient. Deborah Neff, une avocate de la Côte Est, a bâti en vingt-cinq ans la collection de ces poupées la plus ample et la plus rigoureuse qui ait jamais existé : elle a patiemment mis au jour ces 200 objets considérés jusque-là comme des artefacts domestiques indignes de mémoire, pour en constituer un ensemble dont la beauté, la richesse formelle, l’originalité – en un mot, la valeur artistique – s’imposent puissamment. S’y ajoute un fonds de 80 photographies d’époque, représentant des enfants posant avec leurs poupées entre la période de l’avant- Guerre de Sécession jusqu’au milieu du XXe siècle.

Commissaire

Nora Philippe

 

MONDES TSIGANE

Palais de la Porte Dorée – Musée de l’histoire de l’immigration / Aquarium tropical

Errants et menaçants, intrigants ou douteux, fascinants… de multiples représentations des Tsiganes traversent l’histoire de la photographie. De la vision romantique héritée du XIXe siècle aux images d’un peuple asocial et archaïque, de la fascination au rejet raciste, l’exposition Mondes Tsiganes donne à voir une autre vision des Tsiganes.

Riche de plus de 800 photographies, l’exposition propose une double approche : un parcours anthropologique et documentaire – pour comprendre l’histoire des stéréotypes associés à ces peuples – et un accrochage de la série les Gorgan du photographe Mathieu Pernot, qui pose un regard sensible et contemporain sur la famille arlésienne qu’il a suivi pendant vingt ans.

Aux origines de la représentation des Tsiganes : entre stéréotypes et rencontres avec l’autre

Les photographies montrent comment s’est créée, au fil du temps, l’image de ces populations et mettent en lumière leur histoire, trop souvent simplifiée. A travers les représentations du XIXe et du XXe siècle, l’exposition révèle la répétition, la persistance et la circulation de certains motifs : la bohémienne, le montreur d’ours, le « peuple de la frontière » impossible à circonscrire, les nomades…

« La Colère des Gitans », Detective, n°229, 20 novembre 1950

Dans l’exposition, des séries d’images reflètent la diversité des parcours de vie singuliers et révèlent des productions inédites de photographies. Émile Savitry, photographe et ami du célèbre guitariste Django Reinhardt, qu’il a accompagné pendant sa carrière, Jan Yoors, photographe d’origine belge qui a quitté sa famille pour vivre avec des Tsiganes, Jacques Léonard, photographe d’origine française qui a saisi le quotidien intime des Gitans de Barcelone, ainsi que Matéo Maximoff, d’origine rom et manouche, qui s’est attaché à poursuivre le récit de l’histoire de sa famille en images.

Dans l’intimité de la famille Gorgan : entre approche documentaire et sensible

En conclusion et en contrepoint à cette première approche, le Musée présente la série LES GORGAN de Mathieu Pernot, une coproduction avec les Rencontres photographiques d’Arles en 2017. Initiée en 1995, cette série s’inscrit comme une nouvelle étape du regard photographique sur les populations tsiganes.

Mickaël, Arles, 1996

L’oeuvre de Mathieu Pernot relate vingt années de travail et d’échanges avec la famille Gorgan, un clan gitan rencontré à Arles pendant ses études. Reprenant d’abord les codes de la photographie documentaire et ethnographique, ses photographies nous interrogent sur la nature de notre regard sur cette communauté. La neutralité des images et la distance établie avec les sujets excluent toute forme d’exotisme. 

Informations
pratiques

Palais de la Porte Dorée – Musée de l’histoire de l’immigration / Aquarium tropical
293 avenue Daumesnil
75012 PARIS

Dates

Du 13 mars au 26 août 2018
les samedi, dimanche de 10h à 19h
les mardi, mercredi, jeudi, vendredi de 10h à 17h30

Prix

Payant – 6€

S’y rendre

  • 8 : Porte Dorée (218m) 8 : Michel Bizot (568m)

Plus d’infos

Par ici la compagnie !

11mars2018

Journée de solidarité avec les femmes syriennes

Halte au viol des femmes syriennes : appel pour une journée de solidarité le 11 mars 2018

Elles sont violées, torturées, brisées physiquement et moralement, souvent devant leurs familles. Leurs corps martyrisés servent de moyen de pression et de chantage pour écraser toute velléité de soulèvement, toute volonté de changement démocratique.

Le viol des femmes dans les prisons syriennes était pratiqué depuis de longues années mais, il s’est généralisé depuis 2011 aussi bien dans les centres de détention que lors des rafles des opposants par les services de renseignement et les milices armées à leur solde. Resté très longtemps sujet tabou, il vient seulement d’être publiquement dénoncé par des victimes à qui Manon Loizeau et Annick Cojean ont donné la parole dans leur film documentaire, Le Cri étouffé.

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à vouloir que le cri de ces femmes retentisse partout, qu’elles soient entendues, que leur calvaire éveille les consciences sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en Syrie en toute impunité par le régime de Bachar al-Assad.

Suite à une pétition signée par près de 100 000 personnes, nous appelons à une journée de solidarité avec les femmes syriennes victimes des violences sexuelles.

Nous leur rendons un chaleureux hommage pour avoir osé témoigner avec courage de leurs indicibles souffrances. Nous nous engageons à porter inlassablement leurs voix par tous les moyens dont nous disposons pour que cesse cette sauvagerie.

Programme de la journée

Entrée libre dans la limite des places disponibles

15h30 – Accueil

15h45 – 17h15 – Table Ronde « Le viol, une arme de destruction », modérée par Catherine Coquio, professeur à l’université Paris 7, responsable du groupe de recherches Littérature et savoirs à l’épreuve de la violence politique

Intervenants

  • Mariah al Abdeh, directrice exécutive de l’ONG syrienne Women Now for Development
  • Eric Sandlarz, psychologue clinicien-psychanalyste au Centre Primo Levi
  • Joël Hubrecht, chercheur associé à l’Institut des Hautes Études sur la Justice
  • Nina Walch, coordinatrice crises et conflits armés à Amnesty international

Lecture de témoignages par Dominique Blanc, Darina Al-Joundi et Leyla-Claire Rabih
17h15 – 17h30 – Interlude musical par Naïssam Jalal et Mohanad Aljaramani

17h30 – Projection du film Le Cri étouffé en présence de Manon Loizeau et d’Annick Cojean.

18h45 – Clôture avec les auteures du film.

 

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A l’Institut du Monde Arabe 3e édition de la fête de la langue arabe.

Du 10 au 17 décembre 2017, à l’IMA, c’est la fête de la parole ! Sur scène, au cinéma, en rencontres et débats, à l’Heure du conte pour émerveiller petits et grands, entre apprenants autour d’un thé partagé… Vivante à l’oral comme à l’écrit, la langue arabe dansera sous la plume des calligraphes, scintillera sur les moucharabiehs de la façade et fera voyager les mots au musée. Novice ou initié, venez à sa rencontre. Pourquoi ne pas en profiter pour tester gratuitement votre niveau avec le premier test de placement sur ordinateur, Ev@lang?

Dis-moi où on parle arabe… et je te dessinerai un monde : ce monde arabe que définit l’usage d’une langue commune, la 5e la plus parlée de la planète. Fidèle à sa vocation, l’IMA fête la langue arabe chaque année depuis trois ans, à l’occasion de la Journée mondiale de la langue arabe célébrée par l’Unesco le 18 décembre. Et à travers elle, c’est bien sûr une culture aux facettes innombrables qu’elle honore et promeut.

Programme de la Fête de la langue arabe, 3e édition

·         Tous les jours, les visiteurs seront accueillis, sur le parvis et en différents espaces du bâtiment, par une sélection musicale mettant à l’honneur la diversité de la langue arabe. Et chaque soir à 19h, la langue arabe animera en lettres de lumière les moucharabiehs de la façade Sud du bâtiment de l’IMA.
  • Livres en fête
    La librairie-boutique présente son fonds de livres en langue arabe : adultes, jeunesse, apprentissage de la langue arabe…
    Tous les jours – Librairie de l’IMA (niveau 0) – Accès libre
  • Cinéma : Les Yeux de la parole
    Documentaire présenté en avant-première, suivi d’un débat animé par l’inspectrice générale de l’Éducation nationale pour la langue arabe.. En anglais, arabe et français, sous-titré en français
    Les répétitions d’un opéra remarquable, vues à la fois du point de vue des artistes et de collégiens étudiant l’arabe : Kalila wa Dimna, d’après le chef-d’œuvre littéraire éponyme, premier opéra en langue arabe, présenté en création mondiale au festival d’Aix-en-Provence 2016.
    Jeudi 14 décembre 2017 – 19h30 – Auditorium (niveau -2) – Entrée libre sous réserve de places disponibles
  • Théâtre : Al-Qalaq, d’après Le Discours aux animaux de Valère Novarina
    Pièce en arabe et en anglais, surtitrée en français, pour deux comédiens et un musicien, mise en scène de Valéry Warnotte.
    Loin de se juxtaposer simplement, les deux soliloques en arabe et en anglais, accompagnés de musique, se répondent, donnent à entendre leurs correspondances à travers la résonance singulière du verbe. Ils font également émerger, à travers ces « corps animaux » toute une réflexion sur le sens du langage humain. Al Qalaq (« l’inquiétude » en arabe), se transforme ainsi en émotion esthétique.
    Vendredi 15 décembre 2017 à 20h – Auditorium (niveau -2) – Tarifs : 15 € et 10 €
    Une première représentation de Al Qalaq sera donnée le 12 décembre 2017 à 20 h à la Maison de la Poésie.
  • Venez tester gratuitement votre niveau d’arabe !
    A l’occasion du lancement de Ev@lang, le tout premier test en arabe 100% en ligne développé par l’IMA avec le Centre international d’études pédagogiques, venez estimer en moins de 35 mn votre niveau d’arabe sur les ordinateurs de la bibliothèque. Vous repartez avec une attestation de votre niveau.
    Samedi 16 décembre 2017, de 10h à 17h – Bibliothèque (niveau 1) – Entrée libre sous réserve de places disponibles
    Coorganisé avec le Centre international d’études pédagogiques (CIEP)

Plus d’infos sur Ev@lang

  • Atelier ludique pour enfants et familles : Les mots voyageurs
    Les échanges scientifiques et commerciaux, les multiples routes des épices et de la soie ont aussi fait voyager les mots. Un jeu de plateau, « Les mots des voyageurs », permet de découvrir tout en s’amusant  les échanges entre langue arabe et française à travers l’histoire.
    Samedi 16 décembre 2017 à 14h et à 16h – Musée (niveau 7) – Entrée libre sous réserve de places disponibles (20 personnes max.)
  • Démonstration de calligraphie
    Le calligraphe Ahmed Dari célèbre le ballet des lettres arabes en répondant aux demandes du public : chacun peut repartir avec son prénom calligraphié en arabe.
    Samedi 16 décembre 2017 de 14h30 à 17h30 – Espace d’accueil (niveau 0) – Entrée libre sous réserve de places disponibles
  • Parcours du musée autour de la langue
    Un parcours qui souligne la charge culturelle de ce patrimoine immatériel dans son lien avec les objets du patrimoine, comme dans ses interactions avec d’autres aires linguistiques. Il s’appuiera notamment sur l’exposition-dossier « L’Histoire ne se soucie ni des arbres ni des morts », où l’alphabet arabe est le dénominateur commun des inscriptions en langue arabe, mais aussi en persan et en turc osmanli.
    Samedi 16 décembre 2017 à 15h – Musée (niveau 7) – Entrée libre sous réserve de places disponibles (20 personnes max.)
  • Débat : Les révolutions arabes : une révolution 2.0 ? Retour sur le cyberactivisme des Printemps arabes
    L’image du jeune rebelle connecté a été la figure de proue des révoltes qui ont bouleversé le monde arabe aux débuts des années 2010. Retour sur les revers sociopolitiques de cette construction médiatique. Qui ont réellement été les acteurs de ces révolutions dites « 2.0 » ? Quel rôle y ont tenu exactement les réseaux sociaux ? Cela a-t-il joué en faveur de la constitution d’une nouvelle identité arabe, comme cela avait pu être le cas au XIXe siècle avec l’introduction de l’imprimerie dans la région ? Autant de questions soulevées par Yves Gonzalez-Quijano, maître de conférence en littérature arabe, Université de Lyon 2, et chercheur à l’IFPO, et Sami Ben Gharbia, cyberactiviste, fondateur du blog participatif Nawaat.
    Samedi 16 décembre 2017 de 16h à 17h30 – Auditorium (niveau -2) – Entrée libre sous réserve de places disponibles

    Débat organisé par la bibliothèque de l’Institut du monde arabe en collaboration avec l’association Le Mouton Numérique
  • Dardacha / دردشة   : conversations franco-arabes
    Conversations brèves et itinérantes, autour d’un thé et d’une pâtisserie, entre des francophones apprenant l’arabe et des arabophones apprenant le français. Tout un symbole de l’échange culturel dans un cadre convivial.
    Samedi 16 décembre 2017, de 17h30 à 19h – Atelier (niveau -1) – Entrée libre sous réserve de places disponibles
    Avec le concours des assistants d’arabe de l’Éducation nationale.
  • Démonstration de calligraphie
    Le calligraphe Mohamed Salih parle de l’art de calligraphie et démontre toute la beauté des lettres arabes.
    Dimanche 17 décembre 2017 de 14h30 à 17h30 – Espace d’accueil (niveau 0) – Entrée libre sous réserve de places disponibles
  • L’heure du conte en famille : « Contes du monde arabe de partout »
    Les plus belles histoires du Maghreb et du Moyen-Orient par la conteuse Sakina Lamri, qui mêle pour l’occasion langue arabe et langue française.
    Enfants à partir de 4 ans, obligatoirement accompagnés par un adulte
    Dimanche 17 décembre 2017 de 15h à 16h30 – Salle d’exposition (niveau -1) – Entrée libre sous réserve de places disponibles